Numérique et Sciences Informatiques, késako ?

À la rentrée 2019, une nouvelle discipline va voir le jour : NSI. Comprendre par là : Numérique et Sciences Informatiques.

Les élèves devront choisir s’ils souhaitent ou non suivre cette spécialité, mais encore faut-il en savoir davantage. Explications de cette discipline.

La programmation sous Python avant tout

Le programme de cette discipline est on ne peut plus clair : Python est à l’honneur !

Python, c’est un langage de programmation. Les élèves auront donc à faire des programmes en Python, mais il n’est nullement demandé de maîtriser ce langage (fort heureusement car pour maîtriser un langage, quel qu’il soit, il faut plusieurs années).

Non. L’objectif du programme est de comprendre la structure des programmes écrits en Python, ainsi que la syntaxe à utiliser.

Mais avant tout, des bases théoriques

En effet, avant de se lancer aveuglément dans la programmation brute, l’élève devra passer par le côté théorique : comprendre les différents concepts informatiques (types de variables) mais aussi les concepts mathématiques qui aident à comprendre le reste (par exemple, le concept de bases numériques : binaire, décimale, hexadécimale).

Un peu d’histoire

L’une des grande nouveauté de la réforme du lycée, c’est de mettre de l’histoire à peu près partout, comme si le grand manitou de l’Education Nationale était un grand passionné d’histoire, même si la discipline « Histoire » fait partie du tronc commun. 

En étant objectif, je dois bien avouer que l’épistémologie des sciences est importante. Mais je crains que mettre de l’histoire partout dégoûte les élèves… Je ne l’espère pas, mais on verra ! Quoi qu’il en soit, les professeurs feront ce qu’ils voudront à ce niveau là.

Mettre de l’histoire partout tout en supprimant les mathématiques du tronc commun, c’est bien digne de gens qui ne comprennent rien à l’importance de ce qu’apportent les maths. Dans la vie, on a besoin de logique pour que le monde tourne correctement; alors faire de l’histoire en abondance sans acquérir de logique rigoureuse, ça ne sert qu’à former une société de moutons.

Moi

Encore de la programmation

Mais il n’y a pas que Python au programme; en effet, il est question de voir différents langages tout en mettant l’accent sur leurs ressemblances et leurs principales différences. Le but est de comprendre n’importe quel langage rien qu’en le lisant et en analysant la structure et les mots employés. Ici, la cognition est à l’honneur. 

Un peut d’Internet

Il est aussi question des IHM (Interactions Humains-Machines) sur le web. Pour ma part, j’ai compris en cela qu’il fallait parler du HTML (langage de base des pages web) ainsi que des interactions (clics sur liens). Le javascript n’est pas mis en avant, mais après tout… pourquoi ne pas en parler vu que HTML sans Javascript, c’est comme Netflix sans connexion Internet : c’est mort!

Architectures & réseaux

Là, je dois bien avouer que ce thème va sans doute poser beaucoup de problèmes aux enseignants nouvellement nommés pour cette discipline s’ils ont comme moi, une formation de prof de math uniquement.

En effet, cette partie du programme est plus technique que les autres : on y parle de systèmes d’exploitations, de protocole de communication, etc. Dans mon livre (qui sera publié aux éditions Nathan, collection « Interros des Lycées », au cours de l’été 2019), j’aborde les thèmes du programme de la façon la plus simple possible.

Et enfin, de l’algorithmique

Que serait l’informatique dans algorithmique ? Ben rien… L’algorithmique, c’est la science de la structure des programmes (donc la science des algorithmes). À partir d’un algorithme, en le traduisant, on peut écrire un programme.

Cette partir du programme est intéressante car elle aborde la notion de complexité d’un algorithme, et montre divers algorithmes de référence (algorithmes de tris, algorithme gloutons, etc.). 

Et qui va enseigner tout ça ?

Oui… Qui va s’y coller ? Très certainement quelques enseignants de mathématiques ou de sciences physiques déjà passionnés par l’informatique. Il y aura aussi sans doute les enseignants qui enseignent déjà l’informatique (car en effet, l’informatique est déjà enseignée en option dans certains lycées, mais avec moins d’heures que le quota prévu pour NSI). Bref, il y a le choix !

Le problème, c’est qu’il faut une formation pour enseigner NSI. Et les enseignants n’ont pas vraiment le temps pour se former en période scolaire. On leur demandent donc très souvent de suivre des formations pendant les vacances scolaires. Et là, je peux vous dire que très peu sont partants… De toutes façons, tous les lycées ne proposeront pas cette discipline.

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